Bluesiac (Joël Bizon)


DANIEL BLANC "UNIQUEMENT BLUES" BLUESIAC


Même si longtemps Daniel Blanc a été considéré à tort par notre microcosme de soit disant érudits, comme un artiste mineur, même si cet album peut paraître, aux oreilles de certains initiés, un chouia candide et empreint de facilité, moi j'écris "Chapeau bas Daniel !".
En effet, ce recueil de compositions bleues foncées qui ont jalonné la carrière de ce guitariste chanteur camarguais sied pleinement le créneau musical que nous adulons : Le blues. Onze chansons en français teintées de tangible, de concret et de réflexions indociles, avec des textes qui n'ont rien à envier à ceux d'un Mike Lecuyer, des Witch Doctors, des Berry Blues ou des Blouzayers. Je n'irai même pas jusqu'à envisager la traduction de tous les titres des bluesmen américains, car en face la plume de Daniel Blanc paraitrait certainement moins pâlichonne, et ce compositeur n'aurait pas à en rougir !
Quand à la partie musicale du disque, interprétée en trio elle est simplement de haut vol. En effet ici, toujours en trio, avec Francis Mateo à la basse, et Yves Gilloteau à la batterie, Daniel Blanc y joue UNIQUEMENT des blues lents qui ont jalonné sa carrière. Tous ces titres sont extraits de son propre parcours musical, que ce soit avec DBT ou récemment sous son propre nom. Des compositions telles : "Le Blues du Cuisinier", Rêves de Gosses", "Le Blues d'un Soir", "Légion D'honneur", "Le Blues sans un Flouze", "Chante français" sont ici magnifiés avec grand talent. L'interprétation est ici de bonne facture, la voix bien posée, et les envolées de guitares goulues. Un album honnête, pur, simple et très efficace par un musicien français, qui n'essaie pas d'en faire des caisses pour nous séduire. Encore une fois, après le plus rock ab Guitaroplasmose que j'avais moins apprécié, Daniel nous prouve par la note qu'il fait bien partie du convoi bluesique national, et j'irais même jusqu'à avancer que dans le blues interprété dans la langue de Voltaire, il a même sa place dans le wagon de tête, non loin des Paul Personne, Benoit Blue Boy et autre Bill Deraime.